Le
vendredi 7 mars 2008, sous le coup de 10 heures 30’ a débuté
dans l’amphithéâtre des Facultés Catholiques
de Kinshasa, la journée scientifiques organisée
par le Comité de Direction des Facultés Catholiques
de Kinshasa à l’occasion du transfert au siège
métropolitain de Kinshasa de S.E. Mgr Laurent Monsengwo
Pasinya, Président de la Conférence Episcopale
Nationale du Congo et Grand chancelier des Facultés.
Aussi,
l’Archevêque de Kinshasa est de droit membre du Conseil
d’administration des Facultés Catholiques de Kinshasa,
selon les statuts de cette institution universitaire approuvé
par le Saint-Siège.
Trois
prises de parole ont marqué cette cérémonie.
Le mot d’accueil du recteur des Facultés Catholiques
de Kinshasa, Abbé Jean Bosco Matand, accompagné
d’une notice biographique de Mgr Monsengwo qui relevait
que l’Archevêque de Kinshasa vient d’une contrée
de la République Démocratique du Congo où
tous les membres sont en bois noir. Ensuite, l’assistance
a suivi attentivement l’exposé du Professeur Abbé
Paul Buetubela.
Avant
l’adresse de S.E. Mgr Monsengwo qui a clôturé
cette journée scientifique, un paquet des publications
scientifiques des Facultés Catholiques de Kinshasa
et une toge de Grand chancelier des Facultés Catholiques
de Kinshasa ont été remis en cadeau au nouvel
Archevêque de Kinshasa qui dans son exhortation aux
corps académique, administratif, scientifique et
étudiant des Facultés Catholiques de Kinshasa
a invité ceux-ci à briller et éclairer
leur science et leurs recherches des valeurs et de la lumière
du Christ afin de faire des Facultés Catholiques
de Kinshasa un haut lieu de recherches scientifiques avancées
et audacieuses, solides et contextuelles.
Adresse
de Mgr L. MONSENGWO PASINYA
Monsieur
l'Abbé Recteur,
Messieurs
les Abbés et Révérend Frère
du Comité de Direction,
Mesdames
et Messieurs du Corps académique,
Mesdames
et Messieurs du Corps administratif,
Mesdames
et Messieurs du Corps scientifique,
Mesdemoiselles,
Mesdames et Messieurs du Corps étudiant,
Je
voudrais avant toutes choses exprimer ma profonde gratitude
à Monsieur l'Abbé Recteur, au Comité
de Direction et aux autres autorités compétentes,
chacune en ce qui la concerne, pour avoir conçu et
organisé cette Journée scientifique en mon
honneur, en ma qualité de Grand Chancelier des Facultés
Catholiques de Kinshasa (FCK). Votre sympathie me touche
et me réconforte autant qu'elle m'encourage à
continuer à me dépenser sans compter pour
notre Alma Mater. Je saisis l'occasion pour remercier
les autorités académiques et le corps enseignant
pour tous les services qu'ils rendent à la communauté
des FCK. Mes salutations s'étendent aux étudiants
et à tout le personnel de cette institution.
Je
voudrais dire merci à Monsieur l'Abbé Jean
Bosco Matand, pour les belles paroles tenues à mon
endroit, caractérisées comme toujours, quand
il s'agit de lui, par la clarté, la concision et
la fidélité aux sources. Merci cher Abbé
Recteur pour votre amabilité.
Je
suis fort reconnaissant au cher professeur Paul
Buetubela Balembo pour son aimable exposé.
Celui ci de même que cette toge évoquent en
moi, non sans nostalgie, les années soixante dix,
lorsqu'avec lui même et ses condisciples en licence,
toutes sections confondues, nous étudiions pendant
les cours, les voies africaines d'une exégèse,
d'une théologie, d'une morale et d'un droit canon
inculturés. Il est impérieux de tenir cette
lampe allumée aux FCK.
En
effet, ce n'est pas sans raison que la devise des FCK se
trouve être : « Lumen super Flumen,
Lumière qui brille sur le fleuve ». Il ne s'agit
naturellement pas d'un quelconque fleuve ; mais bien du
grand Fleuve Congo, qui traverse tout le pays et au bord
duquel Kinshasa s'étend à perte de vue. Ainsi
doit briller et éclairer la lumière
de votre science, de vos recherches en toutes disciplines
et des valeurs qui en sont les fruits. Votre lumière
est appelée à éclairer « à
perte de vue », au delà des mers, dans le monde
entier. Nous demandons que toutes dispositions soient prises
à cet effet.
En
effet, l'Episcopat congolais a toujours considéré
l'Université Lovanium d'abord et les FCK ensuite
comme un haut lieu de recherches scientifiques avancées
et audacieuses, solides et contextuelles, conformément
aux options fondamentales de notre Eglise. Les premières
de ces options, c'est l'inculturation de la foi et la formation
d'un laïcat compétent et engagé autant
dans l'Eglise que dans la gestion du temporel.
A
propos de l'inculturation, le Pape Jean Paul II disait aux
évêques de notre pays lors de sa première
visite pastorale en 1980 : « Le Saint Siège
ne vous déchargera pas de vos responsabilités
; il vous responsabilisera ». Il reviendra
de multiples fois, le Pape Jean Paul II, d'heureuse mémoire,
sur le sujet, notamment dans l'exhortation apostolique post
synodale Ecclesia in Africa (nn. 59 63), dans laquelle il
affirme avec force que l'inculturation concerne tous les
secteurs de la vie de l'Eglise (EIAF, n. 64). On se rappelle
à ce sujet la phrase lapidaire de ce même pape
à l'Université de Coïmbre: « Une
foi qui ne devient pas culture est une foi qui n'est pas
pleinement accueillie, entièrement pensée
et fidèlement vécue » (EIAF,
n. 78).
Ces
options de l'Episcopat ne concernent pas seulement les
facultés ecclésiastiques, mais aussi celles
non ecclésiastiques. Ainsi, par exemple, lorsque
fut érigée la faculté des sciences
du développement, les évêques ont insisté
pour que son programme ne soit pas simplement une copie
et un décalque des programmes des universités
d'outre mer. Il en est de même de la science des communications.
Vous devez chercher la vérité et éviter
des affirmations non vérifiées autant les
contrevérités que des rumeurs simples. Il
n'est pas bon de raconter n'importe quoi lorsqu'on a été
formé aux FCK. Vos recherches doivent viser à
répondre aux besoins spirituels et matériels
de nos populations.
Voilà
pourquoi, à la suite du Pape Jean Paul II, je vous
invite à faire de la recherche scientifique un point
d'honneur de votre carrière professorale (cf EIAF,
nn. 63 et 64).
Pour
cela, il vous faut éviter la dispersion
tout comme il faut éviter de ressasser à l'envi
les syllabus du temps de vos études ou bien de vos
premiers cours comme assistant, chef de travaux ou professeur
associé. Chaque professeur doit, le cas échéant,
faire preuve d'un progrès et d'une évolution
dans la pensée. Faute de quoi, notre Alma
Mater risque de devenir une caisse de résonance
importée. Seule une pensée fondée
sur une ou des problématiques cohérentes,
progressives et contextuelles aidera notre Alma Mater
à ne pas être une consommatrice improductive
à tous égards : au plan de la pensée,
des finances, et de la spiritualité.
«
L'approfondissement des vérités chrétiennes,
dit Benoît XVI, et l'étude de la théologie
ou d'une autre discipline religieuse, présupposent
une éducation au silence et à la contemplation,
parce qu'il faut devenir capable d'écouter Dieu qui
parle... Ce n'est que si elles proviennent du silence de
la contemplation que nos paroles peuvent avoir quelque valeur
et utilité, et ne pas retomber dans l'inflation des
discours du monde, qui recherchent l'accord de l'opinion
commune. Celui qui étudie dans un institut ecclésiastique
doit par conséquent se préparer à l'obéissance
à la vérité et donc cultiver une ascèse
particulière de la pensée et de la parole
» (Benoît XVI, Discours aux étudiants
des Universités ecclésiastiques romaines,
23.10.06).
A
ce propos, votre lumière n'éclairera dûment
que si les FCK gardent leur identité d'université
catholique. Aux FCK s'appliquent ces paroles du
Seigneur le pasteur que je suis, prends la place de l'exégète
: « Une ville ne peut se cacher, qui est sise
sur la montagne. Et l'on n'allume pas une lampe pour la
mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où
elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison »
(Mt 5,14 15). C'est vous, cette lampe que les évêques
ont allumée pour nos intellectuels du Congo!
Soyez lumière du midi et non pas crépuscule
! « Resplendissez de la lumière du Christ
», selon le mot d'ordre donné à toute
l'Eglise de Dieu qui est à Kinshasa. Telle est, au
demeurant, l'orientation que les FCK ont prise depuis le
début de cette année académique, et
qui réjouit la Conférence Episcopale Nationale
du Congo (CENCO). Les FCK, en effet, ont une mission irremplaçable
dans l'évangélisation de notre pays.
Telles
sont, cher Abbé Recteur et chers Amis, quelques pensées
dont j'ai voulu vous faire part « ex abundantia
cordis, de l'abondance du coeur », au moment
où vous avez voulu organiser cette Journée
scientifique en mon honneur et pendant laquelle les exposés
du Recteur et du Prof. Buetubela m'ont permis de me voir
comme dans un miroir qu'il ont placé devant moi.
J'ai voulu par là vous communiquer quelques options
fondamentales assignées à notre Alma Mater
ainsi que le souci qu'a l'Episcopat de voir cette institution
évoluer conformément à sa mission d'université
catholique. En cette qualité, elle doit être
une matrice de valeurs évangéliques
pensées, témoignées et vécues.
Avec
vous nous attendons que, dans le cadre de la rétrocession
de l'Université Lovanium, les pourparlers en cours
entre l'Etat et la CENCO puissent rapidement aboutir. Ainsi
les FCK deviendront de plein droit l'Université
Catholique du Congo : une université qui
puisse, Dieu aidant, donner la pleine mesure de ses capacités
et des ressources humaines dont regorge l'Eglise Catholique
dans notre pays.
D'ores
et déjà, je vous souhaite des saintes fêtes
pascales tandis que je forme dans la prière les voeux
de longue vie et d'un fructueux travail à notre Alma
Mater.
+ L. MONSENGWO PASINYA
Archevêque de Kinshasa
Président de la CENCO
Grand Chancelier des FCK